Projet de coopération internationale de l'UQAM en éducation au Mexique

Simon Collin, professeur au Département de didactique des langues de la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université du Québec à Montréal, nous informe d'un projet concernant les technologies, réalisé en partenariat avec Candido Hernandez Limon, professeur à l’Universidad Autónoma de Tamaulipas (Mexique).

Professeur Collin est également titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les enjeux socioculturels du numérique en éducation. Cette Chaire de recherche a pour objectif de structurer et de donner de la visibilité à l’approche sociocritique du numérique en éducation, complémentairement aux approches didactiques et pédagogiques traditionnellement utilisées dans ce domaine.

Le projet, intitulé Perceptions, besoins, accès et utilisation des technologies par les travailleurs mexicains temporaires migrants du Canada et leurs conjointes du Mexique, a  été financé par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) (2014-2015). Il s’inscrit dans le domaine émergent de recherche sur les usages technologiques des migrants et s’inscrit pleinement dans le troisième volet du CRDI – Sciences et Innovation: information et réseaux. L’intérêt de ce projet est de contribuer à orienter les politiques de façon à assurer des conditions de vie favorables et une autonomisation (« empowerment ») de cette population au regard des inégalités numériques, et ce, par une meilleure compréhension des avantages et des défis des usages technologiques des travailleurs temporaires et de leurs familles.

L’objectif général du projet vise à identifier les perceptions, besoins, accès et usages des technologies par les travailleurs mexicains vivant temporairement au Canada (membres du Programme des travailleurs agricoles saisonniers, PTAS), ainsi que les conséquences de leur migration saisonnière sur les perceptions, besoins, accès et usages des technologies par leurs conjointes. Soixante-douze travailleurs temporaires mexicains ont répondu au questionnaire et participé à des entrevues individuelles et de groupe. Trois étudiantes de cycles supérieurs ont fait partie intégrante du projet.

Bien qu’elle soit en cours d’analyse, la recherche permet déjà de constater que les technologies sont de plus en plus intégrées au processus migratoire, de sorte que ce dernier, qui était auparavant perçu comme étant constitué d'une série de ruptures, serait à envisager davantage comme favorable à l’établissement de continuités, notamment sur le plan des relations familiales. Aujourd'hui, dès la phase prémigratoire, les technologies seraient susceptibles de faciliter, à distance, la préparation de la migration et d’accélérer le processus d’intégration des migrants dans la société d’accueil. En phase post-migratoire, elles permettraient aux migrants de maintenir et de générer de nouveaux liens avec la société d’origine, de s’engager dans des activités économiques, sociales et politiques transnationales et de forger des identités cosmopolites.

Plus précisément, deux lots de résultats principaux sont prévus: l’un sur les usages transnationaux (incluant les perceptions, besoins et accès) des technologies développés par les travailleurs temporaires et leurs conjointes et les retombées sur les conditions de leur migration; l’autre portant sur les inégalités numériques et leurs manifestations chez les travailleurs temporaires et leurs conjointes. L'analyse de la situation des femmes est inhérente au projet, ce qui sera reflété dans les résultats.

Au-delà de la pertinence sociale et scientifique du projet, ce dernier a permis d’impulser une dynamique de collaboration à moyen et long terme avec les chercheurs mexicains. En effet, il représente une première et décisive étape dans l’établissement de collaborations solides et durables entre les chercheurs du projet. En effet, ces derniers ont eu l’occasion, grâce à ce projet, de développer une compréhension scientifique partagée de l’objet d’étude et de mutualiser leurs compétences, notamment sur le plan méthodologique. Cette collaboration étroite et complémentaire a permis de renforcer les capacités scientifiques de chacun des chercheurs impliqués, lesquels sont présentement à la recherche de nouvelles occasions de financement pour poursuivre leur collaboration.

Pour consulter le site de la Chaire

Date de publication : 29 avril 2016

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