Archives du concours de photographies sur la mobilité internationale des étudiants de l'UQAM de 2011

Concours du 15 octobre 2011

Les treize propositions de photographies et descriptifs complétées dans le cadre du Concours de photographies sur la mobilité internationale des étudiants de l'UQAM, édition du 15 octobre 2011, sont les suivantes.

 

 


Fière Colombie. «Photo de la Colombienne Ana Lucia prise le 19 février 2011, entre Paipa et Villa de Leyva, dans la région de Boyaca, en Colombie. En échange universitaire dans la capitale colombienne, j’étudie le droit humanitaire international et les droits humains. La rencontre avec ce peuple qui subit depuis plus de 40 ans un conflit armé meurtrier est des plus déconcertante. Ces peuples, devrais-je dire, puisque plus de 80 ethnies, 64 langues et plus de 300 dialectes cohabitent. Une diversité difficile à saisir en un seul clic ; une complexité difficile à démystifier, même à l’intérieur d’un séjour de 6 mois. Ils partagent tout de même un rapport à l’Autre, à la nature, et à la vie des plus inspirants.»  Andréanne Charpentier-Garant, étudiante au Baccalauréat en Relations internationales et droit international, et au LLM en Droits humains et justice criminelle internationale à Utrecht Universiteit aux Pays-Bas.


«Un phare dans la nuit…» «(22 mars 2011 – Big Ben, Londres, UK) Ah… Londres, capitale du Royaume-Uni et d’un empire depuis longtemps déchu… Elle n’est peut-être pas la plus belle ville d’Europe, ni la plus chaleureuse, ni la plus ensoleillée, mais on y respire toutefois la joie de vivre. En effet, on ne peut tomber amoureux de Londres en un jour, et mon échange interuniversitaire à la très internationale European Business School of London m’a permis de le constater. Il faut avoir arpenté ses marchés hétéroclites, exploré ses petits quartiers coquets et goûté à son multiculturalisme omniprésent pour réellement apprécier cette mégalopole. Tout le monde y est accepté, du banquier millionnaire en complet au réfugié indien qui fuit la pauvreté, en passant par les punks de Camden et les gais de Soho. Et tout ce beau monde forme un beau mélange difficilement imitable. Enfin, malgré les récentes émeutes qui ont fait tremblé la vie politique et sociale anglaise, Big Ben demeure et demeurera grand et fier, comme un phare dans la nuit pour les citoyens de l’une des plus vieilles et respectées démocraties du monde…» Charles Éric Croteau


Sur la route. «1 Yaris, 2 filles, 20 destinations... et 2 x 6 mois de bagages! Dans le cadre de mon baccalauréat en relations publiques, j'ai eu la chance, à la session d'hiver 2011, de me plonger dans la culture américaine. Une autre étudiante de mon programme et moi avons quitté Montréal dans une petite Yaris en direction de California State University at Monterey Bay (États-Unis). Notre périple nous a plongées dans toutes les facettes de la culture américaine alors que nous avons visité 14 états américains en 2 petits « road trip » avant et après notre session à l'étranger. Notre coup de coeur : Santa Fe, Nouveau-Mexique (là où cette photo à été prise). Une perle de village au milieu du désert mais où on peut y faire du ski. Vous êtes sceptiques? Aller y jeter un oeil. Fabuleux! Notre plus beau souvenir : Sans surprise... 1 session à Monterey. Des rencontres inspirantes, des paysages éblouissants, l'expérience d'une vie! » Véronique Caissie


Un sourire. «Saint-Louis, Sénégal (mai 2011). La réussite du Projet d’Appui aux Jeunes en Difficulté, en collaboration avec la Fondation Paul Gérin-Lajoie, ne se mesure pas qu’en termes de résultats scolaires. Elle se décrit principalement comme une expérience interculturelle, personnelle et professionnelle enrichissante et elle s’illustre par des sourires. Les sourires des enfants qui ont partagé les précieux moments pendant lesquels j’étais leur enseignante. » Magalie Paquin-Forest, étudiante en enseignement en adaptation scolaire et sociale.


Balade dans les rizières balinaises. «J'ai pris cette photo à la fin de l'année scolaire. Nous avons vécu, les classes de CP et de CE 1 réunies, une extraordinaire sortie scolaire de trois jours durant lesquels nous nous sommes baladés dans la jungle, les villages et les rizières. Pour moi, ce fut un moment privilégié avec les élèves de ma classe de stage. Que de plaisir nous avons eu à chercher des serpents, à marcher en équilibre sur les digues des rizières et à nager dans la rivière au beau milieu de la forêt! Stage en éducation préscolaire et en enseignement primaire (troisième stage du baccalauréat), Indonésie, à l'École Internationale Française de Bali, du 14 mars au 24 juin 2011.» Émilie Demers


Thierry. «Cette photo a été prise à Bruxelles lors d'un échange étudiant avec l'Université de Liège (Belgique) en 2011. C'est au moment de faire un photoreportage sur la cité administrative abandonnée de la capitale belge que Thierry a été immortalisé sur ce cliché. En voulant faire le compte-rendu d'un projet avorté, parce que trop ambitieux pour l'économie du pays, le sujet du reportage est devenu le point de vue d'un sans domicile fixe, qui vient y écouter sa musique de temps en temps.» David Dufresne-Denis, étudiant en 3e, Communication, profil journalisme. Échange à Liège (Belgique) session hiver 2011.

 

* Prix du Concours du 15 octobre 2011


Rue de la Lune. «Ma rue, carrer de la Lluna. C'est là que j'ai élu domicile pour mon échange interuniversitaire à Barcelone, capitale catalane d'Espagne. Le Raval est un quartier qui possède la plus grande proportion d'immigrants de la ville ; j'en étais un également, temporairement. Ces rues piétonnes qui se faufilent à travers les immeubles sont typiques des vieux quartiers. À chaque coin de rue, un microcosme de diversité se manifeste, des commerçants qui s'affairent aux jeunes et moins jeunes qui flânent, en passant par les vendeurs de bières clandestins.» Etienne Théroux, baccalauréat en gestion du tourisme et de l'hôtellerie, ESG, en échange au CETT - Escola de hosteleria i turisme, 10 septembre 2010.  


«Adieux à Appoline». «Sur cette photo, je fais mes adieux à Appoline avant de quitter le Burkina Faso après un stage de huit semaines et demie. Appoline avait six ans en 2010. Elle terminait son année de CP1, au cours de laquelle elle avait appris les bases du français. De tous les élèves de sa classe, Appoline est celle qui a le moins bien réagi à mon départ. Je l’ai gardée près de moi une bonne partie de la matinée. À l’été 2010, j’ai vécu et enseigné à Léo, au Burkina Faso, avec deux collègues de l'UQAM. Cette expérience s’inscrivait dans le cadre d'un stage optionnel en éducation internationale, crédité dans mon baccalauréat en enseignement du français au secondaire.» Proposition de Alexie Miquelon. Photographie de Nadia Duchesneau.

* Mention spéciale du Concours 15 octobre 2011


L'Afrique, un arbre. «Cette photo, prise au Mali, plus précisément au pays Dogon, incarne l'âme africaine par la prestance et la force de l'arbre central. Celui-ci, bien ancré au sol, grandissant depuis des années dans la soif et la faim, reste tout de même un symbole de beauté, de grandeur et de fierté. Sa verdure peu présente et la grande sécheresse de son tronc ne font pas de lui un arbre chétif et frêle. Au contraire, il puise depuis des années sa puissance et sa vitalité au sein de son peuple qui, tout comme lui, ne connaîtra jamais l'abondance, la sécurité et la quiétude. Pourtant, ils sont tous bien vivants, souriants, reconnaissants, bien plus que nous ne pourrons jamais l'être. Cette image fut prise dans le cadre d'un stage à l'étranger au Mali, le 28 mars 2010.» Gabrielle Lacasse


«Ils étaient gais comme le canal» . «Lors de la session hiver 2011, je suis partie en échange universitaire bilatéral à Maastricht aux Pays-Bas. J'ai adoré cette chance que j'ai eue d'étudier, de voyager un peu partout en Europe, afin de découvrir de nouvelles cultures. Cette photo a été prise le 8 juin dernier à Bruxelles dans le quartier Ixelles. Je l'ai nommée «Ils étaient gais comme le canal» en hommage à Jacques Brel.» Mathilde Bigras


Bonheur sur le quai. «Cette photo a été prise dans le cadre de l'école d'été UQAM à Molyvos en Grèce. Elle fut prise le 5 mai 2011 en après-midi.» Liza Kelly-Gadoury


Calakmúl, 12h10, saison sèche.

«Gouttes de sueur perlant sur mon visage, des jambes meurtries et un cœur essoufflé, je suis assoiffée et fatiguée…

Sous un soleil doux et estompé,
Des nuages se montrent le bout du nez.
Entre une brise de chaleur, des arbres gigantesques et l’humidité insoutenable, l’équilibre de la nature se ressent.
Une sérénité m’emporte parmi les chants d’oiseaux et des cris lointains de singe-hurleurs.
Calakmúl et son univers secret me semblent magiques, ici c’est la Nature qui parle.
Et soudain, un nouveau son… un petit cri aigu, le bruit de feuilles et de branches se frottant les unes contre les autres, je me retourne,
Enfin! je les ai trouvés!

La nature dans toute sa splendeur, m’accueille dans son monde tropical qui m’a toujours semblé inaccessible, et me permet d’être son témoin.
Je deviens témoin de la pause du midi d’une troupe de singe-araignée.
La recherche de nourriture du 6 heures à midi vient de se terminer, le ventre bien rempli de figues et de jeunes pousses, ces merveilles poilues s’installent pour un répit de plusieurs heures, à laisser passer la chaleur étouffante des midis tropicaux.

Puis, un regard dans les airs et j’aperçois ce que veut bien m’offrir dame Nature,
La beauté de ce primate au regard serein et paisible, donnant sa confiance au site nouvellement trouvé avant de se laisser emporter dans un sommeil profond…

Projet, entre mai et juin 2011, de comparaison de parasites gastro-intestinaux chez le singe-araignée (Ateles geoffroyi) afin d'évaluer les impacts de l'activité humaine entre une région protégée et une autre perturbée par l'humain, Mexique, photo prise le 17 juin 2011 à 12h12 dans la Reserva de la Biosfera de Calakmul au sud du Mexique. Karina Charest, étudiante en 3e année en biologie en apprentissage par problèmes (APP).»


Coucher de soleil au Mont-St-Michel. «Cette photographie a été captée lors de mon échange interuniversitaire que j'ai effectué à l'hiver 2011. J'étudiais à Nancy, en France, mais j'ai beaucoup visité ce pays si enchanteur. Lors d'une escapade avec mon amoureux, en avril 2011, nous sommes allés visiter le Mont-St-Michel. J'ai beaucoup apprécié ce lieu, unique en son genre selon moi. Il est dommage qu'il ne soit plus qualifié d'île, en raison de la route qui relie maintenant l'île au continent, ce qui le renvoie donc dans la catégorie «presqu'île». La France pense cependant faire les efforts nécessaires pour que le Mont-St-Michel retrouve son statut d'île, en abolissant la route.
J'ai découvert en la France un pays riche en histoire et en culture. Étudiant en gestion du tourisme et de l'hôtellerie, je me suis interrogée sur les différentes activités touristiques pouvant être pratiquées dans ce pays. Je me suis rendue compte qu'il regroupe toutes les catégories d'activités, allant du tourisme urbain au tourisme balnéaire, en passant par la campagne, la montagne, etc., il y en a vraiment pour tous les goûts! On ne peut tout simplement pas s'ennuyer dans ce pays!»  Marie-Andrée Désourdy, étudiante en Gestion du Tourisme et de l'Hôtellerie

 


Concours du 15 mars 2011


Les 17 propositions de photographies et descriptifs complétées dans le cadre du Concours de photographies sur la mobilité internationale des étudiants de l'UQAM, édition du 15 mars 2011, sont présentées sur cette page.

 

 

 


 

Terre fertile pour génies en herbe. «Le stage d'été UQAMERCOSUD s'est déroulé à Montevideo du 1er juin au 7 juillet 2010. Au menu : un colloque en communications, des cours de sociologie en compagnie d'étudiants locaux, des conférences en anthropologie, agronomie, diplomatie, politique, psychologie et philosophie. Invité distingué, l’ex-ministre Joseph Facal est venu promouvoir les vertus de la démocratie. Nous avons même eu la chance de partager l’enthousiasme du peuple alors que l'Uruguay s'est hissé en demi-finale lors du Mondial. 13 juin 2010 : Jonathan et Alejandro explorent les possibilités d’un ordinateur portable du programme « One Laptop Per Child » dans les rues d’un quartier populaire de Montevideo. Le gouvernement de l’ex-président Tabaré Vázquez a été prompt à implémenter le Plan Ceibal ce qui a fait de l’Uruguay le premier pays au monde à profiter de cette initiative technologique et éducative, avec 480,000 ordinateurs distribués à des enfants et des enseignants sur une population totale de 3 millions d’habitants. Une telle diligence n’est pas étrangère à la réputation de ce petit pays, considéré comme le plus cultivé de l’Amérique Latine et possédant un niveau d’alphabétisation de 98%.» Photo par Félix Faucher, étudiant à la maîtrise en communications à l’UQAM, né à Montréal et ayant grandi à Lima, au Pérou.


L'attrait de la contradiction (Eros et Thanatos) (15 octobre 2010 - Manhattan Beach, Los Angeles, Californie, É-U). « Lorsque, comme moi, on choisit de terminer un baccalauréat en histoire de l'art à Los Angeles, on s'attend à faire face à un rêve, aux mythes qui forment la culture populaire. D'une part, on y découvre la réalité; l'humanité d'une ville plus grande que nature et de ses habitants. D'autre part, on y découvre de splendides paysages, des endroits magiques et riches en contenu. Puisque toute nature en Californie du Sud en est une modifiée, façonnée par la population, chaque lieu évoque un discours particulier que l'on se doit de saisir. Si pour plusieurs l'idée d'une nature altérée par l'homme est un cauchemar, pour moi cela représente d'une certaine façon la beauté qui survit dans une société capitaliste, une diversité ethnique incroyable et la poésie mélancolique du rêve brisé. Los Angeles, ironiquement, est la mort du rêve américain, mais je promets que, par moment, on y croit et on s'y sent vivant...Dynamique...Inspiré. » Claudie Saulnier

* Prix du Concours du 15 mars 2011


Aux affluents des cultures. « Lors de mon stage en Inde dans la province du Tamil Nadu, j’avais la chance de travailler au sein d’une organisation de femmes appelée Auroville Village Action Group. J’y ai rencontré des femmes uniques par leurs traditions, leurs croyances et surtout, par leur personnalité respective à chacune. Ici ou au fin fond du sud de l’Inde, la femme reste un individu distinct et se doit donc d’être traitée avec respect, égalité et dignité. Partant avec certaines d’elles pour une escapade à Kanyakumari, la pointe sud de l’Inde, j’y ai vu trois cours d’eau s’entrecroiser : l’Océan Indien, la baie du Bengale et la mer d’Arabie. J’y ai reconnu quelque chose de limpide, telles les nombreuses rencontres d’âmes pures faites durant mon stage. Dans cette diversité à laquelle j’ai été confrontée, apportant moi-même mon bagage culturel, j’ai appris avec ces femmes à partager quelque chose d’homogène, de similaire : l’humanité, trait rassembleur et sans limites. On ne finit qu’à faire plus qu’un, comme l’eau à Kanyakumari.» Isabelle Bourgeois, Baccalauréat en relations internationales et droit international, Stage Auroville Village Action Group, Tamil Nadu, Inde, Été 2010.


« La Réunion. Une montagne qui se perd dans l’océan Indien. Un peuple et une langue métissés par le temps : fils et filles d’esclaves, d’exilés et de colons, qui ont érigé leurs demeures dans les moindres recoins de l’Île, parfois dans des lieux inaccessibles autrement qu’à pied ou en hélicoptère. Longtemps autarcique, ce département français s’ouvre aujourd’hui sur le monde : tourisme, agriculture, technologie et pêche combattent inlassablement le pénible défi qu’est la distance les opposant au reste du monde. Mais pas au détriment du paysage, ni de la culture. Plusieurs parcs nationaux voient le jour, préservant une faune et une flore souvent endémiques. Pour protéger le récif corallien, le gouvernement établit des règles strictes, et conserve une partie des côtes comme réserves naturelles. Aujourd’hui, seule la pêche traditionnelle reste permise sur les côtes afin de préserver cette fragile biodiversité. On voit ici un Créole rapportant ses prises du jour pêchées sur les berges de Saline-les-Bains. «Kréol i arprézant pa zis inn lang oubyin in group etnik : li lé osi inn filozofi». Image captée le 10 novembre 2010, sur les berges de Saline-les-Bains, La Réunion. Échange étudiant CREPUQ dans le cadre de ma troisième année du Baccalauréat de biologie en apprentissage par problèmes. Étudie la biodiversité tropicale à l'Île de La Réunion pour l'année 2010-2011.» Joëlle Parent


« Ce qui est dans la parole est dans le silence (proverbe africain)» «En mars 2010, je partais au Bénin avec l’objectif d’enseigner et de me plonger dans un contexte différent de celui auquel mon baccalauréat en enseignement au secondaire m’avait habituée jusque-là. Et pendant quatre mois, c’est bien ce que j’ai fait. De façon formelle d’abord, en enseignant dans un collège – l’équivalent de nos écoles secondaires. Puis, de façon plus informelle, en travaillant au sein d’une ONG œuvrant à la prévention et à la lutte contre le sida. Mais il ne m’aura suffi que de quelques jours pour comprendre que c’est moi surtout qui allais apprendre de cette expérience. En arrivant au Bénin, j’ai été à la fois émerveillée et déroutée par un grand tourbillon de couleurs, de gens, d’odeurs que je ne connaissais pas. Mais doucement, je me suis familiarisée avec des gestes qui se répétaient jour après jour, avec confiance et sagesse. Ma grand-mère d’accueil ne parlait pas un mot de français. Et pourtant, à travers les silences complices, le travail, les sourires, les gestes du quotidien, elle m’a appris tant de choses… Et surtout, elle m’a permis d’apprivoiser peu à peu cet univers et à m’y faire une place. L’enseignement est dans la parole, tout enseignant le sait bien. Mais cette expérience m’aura fait réaliser à quel point l’enseignement est aussi dans le silence. Et c’est là ce qui fait toute sa richesse.» Mélanie Cloutier, Baccalauréat en enseignement au secondaire, concentration univers social.


Photographie du Tower Hill Bridge prise le 17 Octobre 2010, à Londres, Angleterre, intitulée Sunny Tower Hill Bridge. «Je reviens d’un semestre d’études à l’étranger, Euromed-Management, Marseille, France, où j’ai pu perfectionner mes connaissances des cultures. Lors d’une longue fin de semaine, je me suis rendue avec une amie à Londres, ce fut une fin de semaine mémorable. Londres est remplie de surprises et est une ville très agréable à visiter. Notamment, je considère que l’on retrouve nos racines québécoises dans les musées de Londres. Cette ville est souvent critiquée pour sa température grisâtre, mais aujourd’hui je vous propose le symbole représentant la ville sous un autre angle. Lors de mon séjour de quatre jours, la température a été grisâtre trois jours et nous avons eu une magnifique dernière journée. Un petit fait cocasse, l’emblème de la ville est dans l’un des vidéo-clips de Black Eyed Peas et ils l’ont nommé London Bridge, vous comprendrez que ce fut une erreur monumentale. Je suis une finissante du Baccalauréat Administration des Affaires concentration Marketing à l’Université du Québec à Montréal, École des Sciences de la Gestion. Je terminerai mon cheminement académique de bachelière au mois de mai 2011.» Mylène Therrien


Le Gille aux oranges – Binche, Belgique, 8 mars 2011. «Le carnaval de Binche, en Wallonie, représente probablement la plus belle illustration de ce qu’est la tradition. Depuis plus de 500 ans, une semaine de festivités s’organise dans cette petite ville du Hainaut à l’approche du carême. Les costumes que revêtent les participants seraient inspirés des vêtements d’apparat des soldats du Saint-Empire Romain Germanique, et le nom «Gille» serait une déformation de «Gil», un prénom commun dans l’Espagne du XVIe siècle. Mais voilà, tout ceci n’est pas la tradition. Les milliers de personnes qui se rassemblent à Binche chaque Mardi gras n’ont que faire de ces données historiques; au contraire, tout ce qu’ils veulent c’est attraper le plus «d’oranges de Gilles» (petites oranges sanguines) que les colorés personnages lancent de toutes leurs forces, depuis plus de 500 ans, dans la foule des bras dressés vers le ciel. Voici la vraie tradition, la tradition vivante. Ça ne s’apprend pas dans les livres, seulement à Binche par un bel après-midi de printemps. Et ce Gille ? Combien d’oranges aura-t-il données ?» Mathieu Cousineau DeGarie, étudiant de 3e année au Baccalauréat en Relations internationales et droit international, échange étudiant à l’Université Libre de Bruxelles, Belgique, semestre d’hiver 2011.

 


« Haciendo sus cosas / Pas loin

Cette photo a été prise avec un Konica Half-Frame, un appareil de voyage. La vieille caméra prend des demi-photographies qui apparaissent voisines au développement. Continuant sur les pistes du côte à côte et du hasard, je me suis aventurée hors de Séville, capitale d'Andalousie où je réside depuis septembre. C'était en novembre.

Un jeune vendeur de citrons se cache dans l'ombre du château du village, construit sur un belvédère.
 Les gitans et fermiers ont toujours quelques légumes du jardin à offrir.
 Ils s'installent où ils veulent pour négocier leur marchandise.
L'enfant se déplace avec l'ombre,
 Se dissimule, mais ne s'éloignera pas.

Photographie prise à Aracena; lors de mon Séjour en Espagne, dans le cadre d'un échange inter universitaire avec l'Université de Séville, Sophie Vautour, dernière année d'études en arts visuels à l'UQAM, 12 mars 2011.»


« Château de coton. La monumentalité du blanc étincelant de cette montagne couronnée de sources d'eaux chaudes est tout simplement spectaculaire et on comprend tout de suite pourquoi les Romains y ont construit la ville d'Hiérapolis à son sommet en 197 av. J.-C. Les thermes ont également été le prétexte pour y dédier un temple au dieu Apollon. Ce phénomène est possible parce que les sources d'eaux chaudes transportent du carbonate de calcium et au contact de l'air il s'en suit un dépôt de calcaire qui se solidifie... tout en blanc! Du fait, Pamukkale signifie en turc « château de coton ». Le conquérir est une sensation particulière: c'est marcher dans l'eau comme on pourrait le faire à la plage. Toutefois, c'est une ascension au relief accidenté cachant bassins et ruisseaux pour le plus grand plaisir des pieds aventureux! Pour moi, c'est un fabuleux nuage décroché du ciel qui a pris terre. La photo est tirée le 24 mai 2010, lors du séjour en Turquie dans le cadre du cours d'histoire sur la Grèce antique durant l'école d'été 2010 en Grèce. Pamukkale est un site figurant sur la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO.» Vérianna Pampin, étudiante en Design de l'environnement, premier cycle.


«Chaussures des disparus d’Auschwitz. Il est difficile, voire impossible, d'exprimer l'horreur qui s'est produite dans les camps d'extermination nazis en Europe et il y a un risque bien réel de tomber dans un macabre voyeurisme de cette page noire de l'aventure humaine. Le musée d’Auschwitz-1 informe qu’environ 1 200 000 personnes (pas seulement juives) sont mortes dans les trois camps principaux d’Auschwitz et ses sous-camps de travail. Des compagnies allemandes fonctionnant aujourd’hui sous le même nom qu’auparavant employaient de la main-d’œuvre provenant des camps. Ceux qui n’avaient pas la « chance » d’être jugés aptes au travail étaient promis à une douche collective suite à leur long voyage en train et étaient envoyés nus aux chambres à gaz pour une mort rapide et inattendue. Le cuir plié des chaussures permet d’imager l’accumulation des corps inertes tandis qu’ils attendent d’être déposés aux fournaises dans la chambre adjacente. Le flou en fond d’image et l’impression d’abondance résultant de l’angle de prise de vue illustrent l’indifférence et l’anonymat dans lesquels les victimes mourraient aux mains de leurs bourreaux. Mais, au-delà des chaussures et des cendres des victimes, il faut se rappeler qu’il y a toutes les vies perdues et familles brisées aux mains de la «solution finale».» Bruno-Pierre Carrier, échange étudiant du programme bilatéral de l’ESG avec la Warsaw School of Economics de Varsovie, 3e année du baccalauréat en économie, photo prise le 6 mars 2011 lors d’un voyage d’une fin de semaine à Cracovie et les environs.


« L’artisanat zapotèque. À Teotitlan del Valle, à environ 30 minutes de la ville d’Oaxaca, capitale de l’État mexicain du même nom, des descendants de la civilisation zapotèques honorent les pratiques artisanales ancestrales en fabriquant de superbes tapis à la manière de leurs lointains aïeux. Avant de devenir tapis, la laine recueillie doit avant tout être filée. C’est de façon manuelle que les descendants zapotèques filent la laine, à l’aide d’un métier à filer, également fait manuellement. Par la suite, afin de donner vie aux fils de laine, des substances naturelles sont utilisées pour les teindre. Par exemple, afin d’obtenir le rouge vif caractéristique de l’art zapotèque, un petit coléoptère de couleur vive est séché, réduit en poudre et dilué dans de l’eau. Une fois les fils teints, il ne reste plus qu’à tisser. C’est avec des métiers à tisser variant d’un mètre à quatre mètres de large, en fonction du format de tapis désirés, que sont entrecroisés les filaments de laine en utilisant des techniques qui dépassent mon niveau de compréhension. Finalement, il ne reste plus qu’à retirer les impuretés et les mousses du tapis. Chaque tapis est l’oeuvre d’un travail long et minutieux du confectionneur, mais aussi du peuple zapotèque qui, à travers le temps, a su resté connecté à ses racines ancestrales. Pour que la tradition se perpétue, le travail de l’artisan doit être valorisé. Lors de mon bref séjour à Totitlan, plusieurs habitants étaient désolés de voir leur village de moins en moins visité par les voyageurs, qui pour la plupart ne se réservent que quelques jours pour visiter la capitale de l’État, négligeant ainsi les villages avoisinants. Dans un Mexique où l’État laisse tomber l’individu, plusieurs vivent du tourisme et de l’artisanat. Il est donc important que le voyageur visite, appuie et s’intéresse aux communautés qui forment le pays qui l’accueille.» Cette photo a été prise dans le petit pueblo de Teotitlan del Valle, dans le cadre de mon échange étudiant à l’Universidad Nacional Autónoma de México en 2010. J’invite les gens à jeter un coup d’oeil au reste de la série sur la fabrication zapotèque de tapis à l’adresse suivante : http://alexandreclaudephoto.blogspot.com/2011/01/tisses-serres.html. Alexandre Claude


Les filles de Pachamama. (1) « Vous ne connaissez pas Ramona Bustamante? » m’a-t-on dit lors de mon arrivée à Encrucijadas en juillet 2010. Je venais de parcourir les deux cents kilomètres qui séparent la ville de Córdoba à cette petite communauté rurale du centre de l’Argentine. J’allais passer deux semaines avec elle et sa famille. Ces derniers luttent pour le droit à la terre face à l’expansion de la frontière agricole. La cause de cette progression? L’agriculture industrielle et son nouvel or vert, le soja génétiquement modifié. « La Ramona », comme on l’appelle ici, est le symbole de la résistance du Mouvement paysan de Córdoba, mouvement social et sujet de ma maîtrise en géographie. Elle est connue dans tout le pays pour le combat juridique qu’elle mène actuellement au « sojero » (2) qui convoite le terrain sur lequel sa famille et elle vivent depuis plusieurs générations. Au cours de la dernière décennie, lors de deux expropriations musclées, ces paysans ont vu leur maison détruite par un bulldozer et leur puits rempli d’essence par la police. Résilients, les Bustamante sont demeurés sur place, dormant sur le sol, dans une tente de fortune, en attendant la reconstruction d’une maison dans laquelle j’ai vécu et dont la constitution fait pâlir la définition du terme rudimentaire. C’est là que j’ai saisi cette photo de Ramona Bustamante, la déterminée, et de sa petite-fille, porteuse d’espoir. Ensemble, elles incarnent la force, la résistance, la beauté et la providence de générations de petits paysans qui s’enlacent et qui ne demandent que de vivre de la terre, et ce, dignement; rien de plus… Mathieu Lacombe

(1) Déesse-terre (Terre-Mère) dans la religion des Amérindiens d’Amérique du Sud.
(2) Grand propriétaire terrien, souvent étranger, pratiquant l’agriculture à grande échelle, principalement du soja génétiquement modifié.


Uruguay 2010. «Orgullo la Celeste» où une fierté devient à la fois humaine et céleste… Le stage d’été UQAMercosur auquel j’ai participé à l’été 2010 s’est déroulé en même temps que la Coupe du Monde de Soccer de la FiFa ayant lieu en Afrique du Sud; cet événement suscita un engouement public d’une intensité indescriptible et rarement égalée à Montevideo. Lorsqu’on associe soccer et coupe du monde en Amérique Latine, on pense généralement à des équipes poids lourds, telle que celle de l’Argentine ou du Brésil; mais rarement à celle de l’Uruguay. En fait, on peut même dire que même les Uruguayens ne pouvaient l’imaginer. En effet, ces derniers n’avaient pas beaucoup d’espoir pour leur propre sélection nationale qui fut pourtant déjà championne, soit en 1930 et en 1950. Après une longue disette, cette équipe de 2010, a su raviver la flamme et la fierté d’un pays qui se dit mélancolique. Bluffant les sceptiques, leurs joueurs se sont rendus en demi-finale, euphorisant ainsi les foules massées devant les écrans de télévisions. Après chaque victoire, la ville de Montevideo festoyait intensément sur la fameuse rue « 18 de Julio » et la « Rambla ». Malgré une défaite crève-coeur contre l’Allemagne lors du match pour la 3e place, les joueurs de l’Uruguay furent accueillis en héros à leur retour d’Afrique du Sud. L’autobus des joueurs uruguayens fut acclamé tout au long de sa procession dans les rues de la capitale, dans un pays dès lors enorgueilli par les performances de « la Celeste », petit sobriquet affectif de l’équipe nationale uruguayenne, comme le montre cette photo prise le 13 juillet 2010, durant la parade des joueurs. Pendant ces matchs, il n’y avait plus de riches ou de pauvres, ni de « blanco » ou de « negro », d’hommes ou de femmes, de jeunes ou de vieux; il n’y avait qu’une foule, oubliant ses tracas quotidiens, qui frémissait à l’unisson à chaque soubresaut du ballon. Photo: Nathalie Demers, finissante en Design de l’Environnement (UQAM).


Uruguay 2010. « À cheval sur les traditions dans la nature uruguayenne ». J’ai participé, à l’été 2010, au stage d’été UQAMercosur en Uruguay, pays de plaines et d’étendues vierges, drapées de leur verdure et peuplées de vaches et de moutons qui semblent heureux de leur style vie loin des granges, que leur ont offert leurs « Gauchos ». Afin d’avoir une expérience uruguayenne complète, nous avons voulu en savoir plus sur ceux-ci, devenus aujourd’hui les valeureux éleveurs de bétail, mais autrefois désignés comme les traditionnels cow-boys d’Amérique du Sud. Accoutré du costume typique de sa fonction, béret, chemise à carreaux et moustache inclus, nous le rencontrons à « l’estancia » où nous séjournons. Accompagnés de trois collègues étudiants, nous sommes installés pour quelques jours dans ce paradis des auberges traditionnelles uruguayennes, où c’est lui, le gaucho de la place, entre deux rassemblements de moutons, qui guidera nos balades à travers les champs, chacun sur notre monture, à contempler les splendeurs des différents visages de la nature de ce petit pays. Assis sur le dos de nos chevaux, ultra sympathiques, mais un peu baquets, nous arpentons les vallons, traversons des plantations d’eucalyptus, des bassins, des forêts de palmiers et même des boisés au tapis de feuilles jaunies (c’est l’automne comme on le connaît au Québec). En si peu qu’une heure et demie de randonnée, nous avions l’impression d’avoir traversé des écosystèmes qui normalement seraient très éloignés les uns des autres étant donné leurs caractéristiques contrastantes. Durant ce séjour de ressourcement entre deux cours à Montevideo, nous avons pu vivre les traditions uruguayennes à travers sa nature, ses bons plats du terroir et ses rencontres humaines à nous ouvrir les yeux, les papilles et le coeur. Photo: Jean-Pierre Mot, étudiant à la maîtrise en communication.


L’Isola. Alors que je faisais un échange scolaire au département de design graphique du Politecnico di Milano entre les mois de février et juillet 2010, l’Isola a été ma maison, mon refuge, mon lieu de socialisation de rencontre et d’échange avec les Milanais. L’Isola, c’est un quartier populaire de Milan. Il est situé au-delà des chemins de fer qui permettent aux habitants des banlieues de rejoindre le centre de la ville. Du centre, on rejoint les rues de l’Isola par deux ponts, un hautement fréquenté, Carlo Farini, l’autre moins, la cavalcavia Eugenio Bussa. Sur ce pont, en plein après-midi, je pouvais faire une pause de l’effervescence milanaise, du bruit des voitures, des bus et des trams, marcher tranquillement et avec de la chance (une journée sans smog) voir les Alpes au loin. Mais sinon, je pouvais aussi prendre le temps d’apprécier ma chance de vivre en pleine capitale du design et regarder le quartier où je vivais. Cette photo contraste tout à fait avec l’idée préconçue qu’on peut avoir d’une ville comme Milan, le calme, l’ensoleillement, un certain désordre sont en effet des caractéristiques qu’on ne peut découvrir qu’en prenant le temps de vivre dans une nouvelle ville. Catherine Beaupré, Milan, Italie, avril 2010.


Bailando. Dimanche ensoleillé, les familles « queretanas » se promènent dans le centre historique, profitant de cette journée de répit avant le retour au boulot. Les Otomies, eux, célèbrent et dansent dans la rue par centaines, faisant fi des familles et passants. Car ce qui semble ici prendre les airs d’un carnaval est, en fait, un rituel autochtone. Les gens s’arrêtent, regardent un peu, puis repartent. Les Otomies dansent, au son des tambours, sous les nuages d’encens, à la chaleur du soleil. Plus rien d’autre n’existe. En plein terrain de recherche à Querétaro (México), cherchant à comprendre les motivations qui poussent de jeunes étudiants d’une aire urbaine à s’investir dans une troupe de danse folklorique mexicaine, il m’arrivait régulièrement de me balader dans cette ville dont le centre historique est inscrit sur la liste de patrimoine culturel de l’humanité de l’UNESCO, et dont les périphéries accueillent de plus en plus d’entreprises, notamment Bombardier. Tiraillement entre tradition et modernité. Catherine Rodriguez, Étudiante à la maîtrise en communication, Date: 15 octobre 2010.


« Dia de los Muertos. 2 novembre 2010, Los Angeles, Californie. Lors de mon séjour à Los Angeles, je me suis rendue au Dia de los Muertos (Jour des Morts), une célébration d’origine mexicaine propre aux racines d’une grande partie d’habitants qui composent cette ville. Lors de cette journée, il est dit que les âmes reviennent sur terre visiter leurs proches. Objets préférés des défunts et offrandes placées sur des autels guident les morts vers une fête donnée en leur honneur. Les histoires échangées lors de cette journée et les artefacts servent aussi à montrer à la génération présente la mémoire de ceux qui les ont précédés. Sur cette photographie, un couple déguisé en squelette représente la mort imitant les vivants. Derrière eux, une jeune fille cellulaire tient à la main. Comme quoi, même à travers la conservation de ce rituel, l’influence de la modernité est inévitable. Et malgré son ancestralité, on ne peut s’empêcher d’y déceler quelques fragments de culture américaine et de remarquer l’aspect commercial de l’événement. Cette dualité entre le passé et le présent semble aussi paradoxal que l’endroit où l’on célèbre ces centaines de morts inconnus, l’Hollywood Forever Cemetery qui sert de lieu de sépulture à plusieurs des plus illustres personnalités d’Hollywood. » Catherine Gaucher, étudiante en Communication (Stratégies de production culturelle et médiatique), échange NSE à California State University, Los Angeles, automne 2010.